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mardi 25 juillet 2017

Chasseur d’images, mais pas que

 
Chasseur d’images, mais pas que.



Jeudi 13 juillet, cela fait maintenant treize jours que mon arc n’a pas pris l’air ; en effet j’ai omis de faire renouveler ma validation de permis de chasser avant fin juin. Les délais postaux pour recevoir ce précieux sésame m’ont semblé interminables. Il faut dire que cette année le tirage au sort des territoires pour l’approche m’a été favorable. Je peux chasser sur le Mont Roland. Malgré l’urbanisation galopante ce territoire est resté sauvage (c’est un massif boisé entouré de haies délimitant de petites surfaces en prairie permanente et quelques surfaces en blé ou colza) ; c’est également le coin le plus giboyeux de l’ACCA. C’est d’ailleurs sur ce secteur que j’ai prélevé mon premier brocard à l’arc, il y a maintenant cinq années en arrière. Que de chemin parcouru depuis ! De plus, cette saison j’ai un bracelet pour moi tout seul ; je peux chasser six jours sur sept : le rêve !



 Durant ces deux dernières semaines d’attente, j’ai tout de même mis ce temps à profit pour faire quelques sorties avec mon appareil photo, afin d’essayer d’immortaliser les occupants des lieux. J’ai trois brocards différents, deux chevrettes et un faon sur la pellicule ou plutôt sur la carte SD.


Un jeune mâle avec de petit bois en forme de lyre. 


Un grand cinq cors que j’ai observé à trois reprises, seul ou accompagné de la chevrette suitée.



Et un très beau six cors que je dénommerai : le fantôme, tant la vision de ce dernier a été furtive. Je ne l’ai pas revu malgré plusieurs affûts à l’endroit où il m’est apparu.  


J’ai placé mon tree-stand sur le seul arbre susceptible de l’accueillir (les autres étant de trop petit diamètre). Il n’est pas idéalement placé par rapport à la coulée où j’ai pu observer la fuite du grand cinq. Par contre j’ai une vision plus importante notamment sur une petite zone en contre bas, qui m’aurait sinon été invisible.


Au Bout d’une demi-heure d’attente, il est vingt heures passé, j’entends arriver de très loin quelque chose qui se déplace à très vive allure pour finir sa trajectoire à quelques mètres dans mon dos. Des cailloux roules, à un moment, j’ai même cru à un Vététiste. Pourtant c’est peu probable, le sentier le plus proche est bien plus haut dans le bois et la végétation derrière moi est assez dense. C’est donc autre chose. Le bruit non identifié s’est arrêté net à moins d’une trentaine de mètres. S’en suit un long silence qui durera bien trois quart d’heure. Pour moi c’est une éternité, à tel point que je me demande si je n’ai pas rêvé ou plutôt entendu des voix. Mais un peu avant vingt et une heures, j’entends comme de petits grognements. Enfin non, ça ressemble au bruit que ferai quelqu’un dont le nez est bouché. Il me faut vraiment tendre l’oreille. Plus aucun doute n’est permis ; cette bête respire bruyamment : un sanglier sans doute ! J’ai bien fait de rester ultra concentré et de ne pas me tordre sur mon siège dans tous les sens comme cela a déjà pu m’arriver, car l’animal est très proche. Enfin je perçois un mouvement sur ma droite et c’est la chevrette qui apparaît. Ces sinus doivent être parasités par des œstres laryngés. Ce qui explique sans doute son état de maigreur. Je sors délicatement mon APN et prends quelques clichés puis deux films. 

Petite anecdote, au même endroit, il y trois semaines, le jour où j’ai installé mon affût portatif, je l’ai filmé en train d’allaiter son faon. 



 Tout en filmant, je découvre un chevreuil sur l’écran de mon appareil photo ; c’est le cinq cors. Plus téméraire, Il devait attendre tapis dans la haie que la chevrette s’expose pour à son tour venir s’enivrer de cette herbe grasse.  





J’ai bien fait d’affûter sur cet arbre. Plus proche de la coulée pressenti, je n’aurais sans doute pas vu le broc à cause du dévers. Je range tout doucement mon appareil photo pour ne plus le ressortir de ma poche. J’aurais pu pourtant me faire plaisir et saisir de très beau cliché. La femelle aux aguets a regardé dans ma direction à plusieurs reprises. A chaque fois c’est la même chanson, elle se remet à brouter et hop, elle relève la tête à la vitesse de l’éclair. Je suis une statue et le resterai de très longue minutes. Le brocard quant à lui n’a jamais levé les yeux dans ma direction ; il fait totalement confiance à l’instinct de survie de sa femelle. Grave erreur !

Au préalable, j’ai visuellement pris quelques repères avec mon télémètres est tracé deux cercles imaginaires dont je suis le centre. Un à vingt mètres et l’autre à vingt-cinq. Je suis parfaitement entraîné à ces distances (deux heures hebdomadaire de tir sur cible avec mon recurve dans la compagnie d’arc dont je suis adhérent).

 Et là ce soir, j’ai mon compound. Si je règle mon viseur, je peux même me permettre un tir à trente voire trente-cinq mètres. Mon groupement à cette distance est proche de la taille d’une orange. Mais ce brocard n’est pas une orange. Je ne tenterai pas ma chance (comme j’ai pu le voir maintes fois sur des films que les auteurs osent mettre sur le net). Ôter une vie n’est pas un acte anodin ! Je ne décocherai une flèche que si ce brocard s’immobilise avec un angle adéquat dans le cercle des 20 mètres. J’ai des valeurs sans doute inculqué lors de ma JFO puis de ma JFC. Je n’y dérogerai pas ; cela m’a jusqu’y ici plutôt bien réussi : vingt-trois prélèvements, hors ragondins, sur six saisons.


Les minutes s’égrainent et la luminosité diminue. Un autre chevreuil est sorti sur ma gauche à plus de cent cinquante mètres, il mange lui aussi. Je ne peux l’identifier à cette distance et pas question de prendre le risque de sortir les jumelles de mon sac à dos.  Deux lièvres, puis quatre ont eux aussi gagnés la prairie. Il y en a même un qui se restaure à côté du couple de chevreuils (quelles belles photos cela aurait pu faire !). Ma patience à des limites ; dans moins de vingt minutes, il va falloir que je quitte mon perchoir. Mais comment faire ; je ne vais pas gâcher un si bon spot. Petit à petit les deux chevreuils se sont rapprochés ; mais ils ne semblent pas décider à faire les dix-douze mètres supplémentaires, garant d’une atteinte parfaite.


Soudain tout va très vite. Je peux dire un grand merci à nos ancêtres qui ont eu la bonne idée de prendre la Bastille. Un tir de pétards vient troubler la quiétude des lieux. Les deux ruminants sont sur le qui-vive. Deux pairs d’oreilles tournent en tous sens. Le mâle se déplace rapidement puis s’immobilise à vingt mètres plein profil. J’arme mon arc, le pin sur le cœur. Si j’ai mal évalué la distance (vingt et un à vingt-deux mètres) la flèche passera en dessous et s’il entend la décoche et fléchit les membres antérieurs, les poumons peuvent être atteints. «Flack » un bruit sourd que je connais bien me rassure. 

Ma proie s’enfuit et rentre dans le bois sur ma gauche. Trois secondes plus tard et c’est le silence ; j’ai entendu son dernier souffle. J’attendrai tout de même vingt-deux heures pour descendre, ranger mon matériel et regagner ma voiture. Je passe un coup de fil à mon épouse qui attend le tir des feux d’artifices accompagnées de mes 3 enfants. Notre menu de dimanche est tout trouvé ! Un autre coup de fil au garde pour l’avertir que j’entame une recherche de nuit. Inutile d’appeler un conducteur UNUCR. Me revoilà sur zone avec une deuxième lampe frontale ; la première n’éclairait pas grand-chose. 

Mon broc est là où je le présentais. Vu l’entrée de la flèche le cœur doit être touché, ce qui se vérifiera lors du dépouillement à la maison. Je pose le bracelet, une fois la date du jour découpé. Une brisée de lierre dans la bouche du petit cervidé et je remercie mentalement Dame Nature de m’avoir offert ce beau prélèvement. 

Action de chasse parfaitement mené dont le souvenir restera gravé pour longtemps dans ma mémoire. 
Emotions décuplées du fait de l’arme utilisée. J’en oublie la traditionnelle photo sur place. De toute façon avec un flash, elle n’est souvent pas top ! D’où la séance photographique du lendemain matin. En fait, le cinq porte six cors et d’après le taxidermiste à qui je l’ai confié, son âge est vénérable. C’est un très vieux mâle. Aucun regret, mon choix était le bon ! Peut-être un jour aurais-je la chance de recroiser le fantôme ou d’observer l’évolution du trophée en forme de lyre. Une belle photographie cela vaut bien une bonne flèche !



                                                                                         
 Patrice Cahé





7 commentaires:

  1. Félicitations et merci pour ce magnifique récit j'avais l'impression d'y être encore BRAVO

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  2. Cool, félicitations !!!

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  3. Félicitations pour ce très beau prélèvement et ce superbe récit.

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  4. thierry modeste muller26 juillet 2017 à 14:02

    superbes photos, superbe récit,tres bel animal, tir impeccable tireur surentrainé ;tout est parfait trop peut etre?

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  5. Belle action de chasse Patrice après un repérage efficace; Félicitations

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  6. Le Vieux sage à qui on ne fait plus la grimace28 juillet 2017 à 21:05

    Belle flèche, et superbe animal.
    Dommage que ce texte flirte avec une pointe de narcissisme égocentrique qui laisse un petit gout amer... Pour ce qui est des photos, vous n'atteignez pas encore la cheville de Jeannot qui sévit pour notre plus grand bonheur ici, en terme de qualité de rendu.
    En revanche, il faut reconnaître vous savez vous mettre dans les situations de proximités avec les animaux et cela est une vraie qualité qui devrait vous permettre une plus grande empathie pour ces derniers.
    Travaillez l'humilité, assumez quelques gamelles/blessés/perdus que vous pouvez connaitre/connaissez, admettez les tords induits (sans les excuser), alors seulement, vous pourrez prétendre à la perfection... que vous n'oserez jamais reconnaître publiquement car elle sera pleine et entière.
    Bien à vous.

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