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lundi 12 août 2019

Sur le papier ... Récit de chasse d'été par Momo




Sur le papier…

J'ai fléché ce petit brocard, une deuxième tête probablement, dans un contexte totalement ubuesque au regard de ce qu'on enseigne régulièrement à nos stagiaires.
Cet été, je surveille un brocard, dans une zone assez claire, à proximité d'une source tarie. Je l'ai déjà vu plusieurs fois, parfois très (trop) près, dans différentes situations.
Disons que si je chassais uniquement pour me nourrir, sans me soucier prioritairement de la qualité de mes tirs, j'aurais déjà pu le tuer 4 ou 5 fois, à des distances comprises entre 6 et 20 mètres. Mais voilà, j'ai blessé un brocard l'été dernier, sur un tir à 6 mètres théoriquement inratable, il n'a pas été retrouvé, malgré une recherche UNUCR en bonne et due forme, et n'ai aucune envie de reproduire cette mésaventure…

C'est pourquoi je suis décidé à attendre que la situation quasi idéale se présente pour effectuer un tir facile ; bonne orientation de l'animal, le plus calme possible, distance de tir très faible, aucun obstacle végétal sur le trajet de la flèche, bonne lumière au moment du tir… Ces 2 derniers paramètres sont dans le cas actuel ceux qui m'ont empêché de "tenter le coup" sur au moins deux des occasions citées, la distance trop importante dans les autres. La lumière, dans ce sous-bois, est vraiment trompeuse, avec beaucoup de contre-jours, qui vous trompent tantôt sur la distance, tantôt sur la présence de branchettes, tantôt même sur la présence ou non de bois sur la tête du cervidé qui se présente… Les jumelles peuvent être dans ce cas d'un grand secours.

Tout au long des 19 sorties précédentes, j'arrivais régulièrement entre 18h30 et 19h15, et plusieurs camarades, Christian en tête, me conseillaient d'arriver plus tôt, idéalement d'être installé vers 17h45. Ce soir, je quitte la voiture, sur le parking de chasse, vers 17h40, pour arriver à proximité de mon treestand une bonne dizaine de minutes plus tard.

J'ai déplacé ce TS il y a quelques jours et c'est donc la première fois que j'y viens depuis l'installation. Sur place, je cherche du regard ce maudit TS, pour m'apercevoir que je viens de passer devant et que je l'ai déjà dépassé d'au moins 5 mètres. Ça commence bien ! Pour ne pas laisser d'odeurs à proximité, c'est gagné ! Surtout qu'avec la pluie de la veille, le sol est bien ramolli et humide, et les odeurs doivent bien s'y conserver. Erreur de débutant !

Je grimpe aux barreaux, m'attache, puis, ganté et cagoulé, me prépare à hisser mon arc au bout de sa cordelette, quand j'aperçois un chevreuil à une petite cinquantaine de mètres sur ma droite. Bien sûr, c'est sur ma gauche que j'avais prévu la venue d'un animal, d'après plusieurs observations préalables. A la vitesse où il va, jamais je n'aurai le temps de hisser l'arc sans qu'il voie un truc bouger, qui lui fera lever la tête et m'aboyer copieusement. Je me ravise et redescends très lentement mon arc, alors hissé de quelques centimètres seulement. De plus, je vois mon indicateur de vent qui pointe droit vers lui. Forcément, à bon vent s'il était venu sur ma gauche, je me retrouve à mauvais vent avec cet animal à ma droite. Le chevreuil s'arrête, puis broute quelques pousses au sol, j'en profite pour faire monter l'ascenseur, vite libérer l'arc de cette maudite cordelette, prendre une flèche et l'encocher silencieusement, le chevreuil n'est alors plus qu'à 20 mètres et j'ai encore du mal à voir si c'est un brocard.

Ce qui est clair, c'est qu'il a le nez au ras du sol sur la coulée que j'ai utilisée pour arriver quelques minutes auparavant et que le vent va droit dans sa direction. Il va me sentir, c'est sûr !
Il approche calmement, à une douzaine de mètres, je vois enfin ses bois, vraiment pas gros, mais qu'importe leur taille. L'animal n'est pas gros non plus. Je suis maintenant persuadé d'avoir eu affaire, au cours de mes différents affûts, à au moins 2 brocards différents, sans doute voisins et concurrents : un qui m'étonnait constamment par son petit gabarit, et l'autre qui me faisait me dire que j'avais dû mal voir la veille et que, finalement, ce chevreuil avait unetaille tout à fait respectable…

Pourquoi ne me sent-il pas ? Il approche encore, à 5 ou 6 mètres de moi, de face. Le tir serait déjà très difficile, avec beaucoup d'angle. J'entends sa respiration. Pourvu qu'il n'entende pas la mienne. J'ai le palpitant qui s'emballe !

 Il se retourne subitement, puis s'éloigne de quelques mètres, j'en profite pour armer. Il est de dos, à 8 mètres environ, tête baissée. Dans le feu de l'action, je me souviens avoir regardé le niveau à bulle de mon viseur, pour corriger l'assiette de l'arc, et minimiser ainsi les erreurs latérales de visée. C'est fou comme, sur un treestand, on peut croire l'arc vertical alors que le niveau à bulle indique qu'il y a une sacrée correction à effectuer ! Le pin de mon viseur est sur sa colonne vertébrale, mon doigt sur la détente, le flèche vole, et c'est déjà fini !

Un bruit sec de craquement d'os et le petit brocard est aussitôt sur le flan, ses pattes battant instinctivement dans le vide. Sa mort fût quasi instantanée. Distance de fuite, 0 mètre !

Je regarde ma montre, il est 18h10 ! Je reprends mon souffle, enlève cette cagoule sous laquelle la transpiration dégouline, laisse mon cœur reprendre un rythme à peu près normal, envoie quelques SMS pour prévenir les copains et le président de l'ACCA, puis me décide à descendre de mon perchoir.

Le même malaise qui m'envahit à chaque fois m'étreint lorsque je le caresse doucement en m'excusant d'avoir pris sa vie… Je chasse d'un revers de main les nombreuses mouches qui l'assaillent déjà… Quelques photos… Puis une descente tonique jusqu'au chemin, une centaine de mètres en contrebas…
Bref, j'ai donc prélevé ce petit brocard, après avoir tripatouillé autour du TS, après qu'il ait lui-même posé les naseaux là où je marchais quelques minutes avant, et en étant à mauvais vent. Je n'ai noté aucun signe de parasite dans ses naseaux ou son système respiratoire, mais je me dis que la chasse du chevreuil est décidément bien surprenante. Tantôt, il vous engueule à 100 mètres, et puis là, se laisse surprendre comme un bleu (qu'il était sans doute) alors que toutes les chances étaient de son côté, sur le papier…





9 commentaires:

  1. Waidmann's Heil... C'est pas un récit de branque ça... ;)
    SAM

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  2. Bravo Momo pour ce tir efficace et oui je confirme malgré ma petite expérience la chasse du brocard à l'affût n'est pas du tout une science exacte see you la terre

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  3. Waidmannsheil Momo !!! 👍👍👍

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  4. Joli récit, on s'y croirait ! Félicitations à toi

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  5. "l'assiette de l'arc" comprends rien. L'arc était à table?

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