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jeudi 19 novembre 2015

Un chevrillard pour le 1er gibier à l'arc de Samuel


Troisième  année que j’adhère à l’ACAFC et troisième année où je prends beaucoup de plaisir à lire les différents récits de chasse de chacun. Mais aussi troisième année de chasse sans avoir décoché une seule flèche, car l’arc traditionnel nécessite une grande assurance dans l’exercice de la chasse… alors j’ai craqué et je suis passé au compound !!!

Invités avec Patrick par Jean, me voilà donc parti sur les hauteurs du département, arc en main, pour une battue. En cette magnifique journée ensoleillée de ce mois de novembre,   un lièvre vient me rendre visite en ce début de traque et reste quelques minutes à se délecter de quelques herbes à une petite dizaine de mètres de mon poste (ce n’est pas les jours où le tir est autorisé que cela veut arriver !!). Puis, c’est au tour d’un écureuil qui vient se réfugier dans un chablis d’épicéa. 

Le temps s’écoule tranquillement, puis soudain j’entends au loin une chasse approcher. Une belle chevrette surgit derrière le chablis d’épicéa et disparait derrière quelques semis de hêtres. Les traqueurs approchent, puis un coup de feu. Le calibre 20 de Jean vient d’atteindre au défaut de l’épaule, un chevrillard qui est très vite rattrapé par les chiens. Fin de traque et direction un superbe point de vue sur le Mont Blanc et le lac de Saint-Point où nous attend le traditionnel apéro local « Un  petit Pont’ ».

Reprise de battue après un léger casse-croûte (eh oui, cholestérol oblige !). Patrick, Jean et moi nous postons en lisière de forêt et je me choisis une belle grosse souche de foyard ensoleillée  pour poser mon séant. Alors que je somnole une chevrette de l'année déboule dans mon dos et descend en direction de Jean, posté en contre-bas, puis remonte à une vingtaine de mètres de mon poste, mais elle est masquée par la végétation.

Les minutes passent, puis une chasse se fait entendre. Le chien tourne en contre-bas et à en croire ce qui m’a été dit, il ne devrait pas tarder à remonter vers la ligne des postés. Soudain, je vois Jean épauler. Le chevreuil monte dans ma direction à vive allure. J’arme alors que la chevrette se fige derrière un gros foyard à 15 mètres de moi. Pas moyen de tirer, je la distingue à peine. Elle avance puis s’arrête derrière un buisson de houx… toujours trop hasardeux de décocher, surtout qu’un chemin sinue à quelques dizaines de mètres de la lisière. Elle écoute alors que le chien se rapproche. J’observe les environs et vois une petite trouée dans la végétation. Je me dis « si elle s’arrête là, je décoche ». 

Mince, elle s’y arrête. Elle est peut-être un peu loin, un bon 25 mètres, c’est limite, mais le tir est fichant, que faire ??? Oui, elle est bien dans le viseur, puis machinalement, j’appuie sur la détente. Je vois la course de ma flèche, un bruit d’os ou de bois et la chevrette détale. Aïe, gros doute, ai-je eu raison de décocher, elle était un peu loin. Je n’ai pas entendu le bruit caractéristique de la cage thoracique traversée.  

Je crains l’avoir blessée au niveau des pattes avant. Alors là, tout va très vite. Jean  est revenu vers moi et m’annonce que la chevrette a été vue blessée au poste suivant par Patrick. Il me dit d’aller voir, alors que je pense qu’il vaudrait mieux attendre une demi- heure avant toute intervention. Mais bon, nous avançons tranquillement et je recherche ma flèche. Jean m’interpelle, il me dit que Patrick est à genou et que ce n’est pas pour la prière car ce n’est pas dans ses habitudes, alors c’est bon signe. En effet, il vient de piquer la chevrette qui s’est écroulée devant lui. Je n’arrive pas à y croire, elle n’a fait que 40 à 60 mètres.

Nous sonnons rapidement la fin de battue et le téléphone se met à carillonner. « Pourquoi la fin de battue ? Nous n’avons pas entendu de coup de feu ! »  Les anciens, peu habitués à chasser avec des archers, sont étonnés de l’efficacité d’une flèche. 

Et moi, je n’en reviens toujours pas… trois ans d’attente avant d’avoir pu décocher une première flèche, mais l’attente en valait la peine.
Merci à Jean pour cette journée mémorable.

Samuel Hugues


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