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jeudi 5 juin 2014

Attaques de troupeaux dans les Alpes : ne crie-t-on pas trop souvent au loup ?

Les attaques se multiplient sur les brebis mais la responsabilité du loup est loin d'être toujours avérée 


Sur 27 attaques dans le département, la responsabilité du loup a été écartée 11 fois par les expert

Photo Florian Launette 

Les chiffres sur les attaques de troupeaux en 2014 montrent, incontestablement, une augmentation des constats et des animaux indemnisés, par rapport à la même période en 2013 (voir l'infographie sur les secteurs dans les Alpes où les loups ont attaqué cette année).

 Cela signifie-t-il pour autant que le loup est plus présent et plus actif sur le territoire des Alpes-de-Haute-Provence ? Les statistiques ne permettent pas d'être si catégorique. Certes, le nombre total des constats réalisés passe de 17 à 27. 

 Cependant sur ces 27 attaques, dans le département, la responsabilité du loup a été écartée 11 fois par les experts. Reste 16 constats indemnisés entre le 1er janvier et le 15 mai, contre 14 l'an dernier dans le même laps de temps. Sur les faits relatifs à ce chiffre, la responsabilité du loup "ne peut pas être exclue", détaille la sous-préfète Véronique Caron. 

Autrement dit, dans certains cas, les experts ne peuvent pas déterminer avec certitude quelle bête est à l'origine du préjudice. Et ce "bénéfice du doute" permet aux éleveurs d'être indemnisés. Ainsi, cette année, les pertes de 60 animaux ont été indemnisées contre 32 l'an dernier. 

Un chiffre qui comprend les 20 brebis tuées à Larche au début du mois de mai. L'enquête concernant cette terrible attaque n'a pas permis de préciser avec une totale certitude qui en était à l'origine. À plusieurs reprises, les attaques de troupeaux ont été imputées à des chiens errants qui eux ne tuent pas toujours pour manger, à l'inverse du loup, et peuvent revenir frapper sur les lieux d'une attaque. Parfois, les experts ne parviennent pas à déterminer précisément les faits. 

Ces nuances apportées aux statistiques atténuent les résultats bruts. Même moins significative, la hausse des constats reste cependant une réalité, tout comme l'angoisse des éleveurs. Sur les constats indemnisés, l'augmentation s'élève donc à +14 %.   

Pour la sous-préfète, il est primordial de ne pas mélanger attaques de loups et attaques de chiens. "Je serai la première à monter au créneau pour défendre les éleveurs, mais un déclenchement de tir signifie systématiquement un passage devant le tribunal administratif. Il faut impérativement être crédible sur la cause des attaques", a commenté la sous-préfète Véronique Caron. 

Source : Tanguy Cohen pour laprovence.com 

mardi 3 juin 2014

La chasse : la fierté de Zlatan

Il est politiquement incorrect en France de dire – ou plutôt d’avouer – que l’on chasse. Qui plus est si l’on est une personnalité en vue, qui aurait tant à perdre en termes d’image. Le Suédois Zlatan Ibrahimovic, l’attaquant vedette du club de football du PSG, semble s’en moquer. 


Zlatan mettant en joue dans une publicité pour Volvo ©Volvo
 
Il n’a jamais caché être passionné de chasse, à telle enseigne que, dès qu’il a quelques jours de libre, il en profite pour aller approcher les grands animaux dans son pays natal. Il invite même ses coéquipiers de l’équipe de Suède chez lui à venir déguster du sanglier qu’il a tué, dit-il un brin provocant, « de ses propres mains ». 

L’année dernière, il s’était fait remarquer en se rendant en famille au Salon de la chasse de Rambouillet. Début janvier, lors d’un stage du PSG au Qatar (principal actionnaire du club parisien), il a pris fièrement la pose avec un faucon au poing. Et il vient de récidiver en acceptant de tourner dans la dernière campagne de publicité Volvo pour la Suède. 

Dans une séquence de plus de deux minutes, entre maison en bois, lacs gelés, montagnes vertigineuses et dernier modèle du célèbre constructeur scandinave Volvo, le spectateur peut admirer le footballeur à l’approche d’un grand cerf (au moment du brame ce qui est un peu curieux en hiver !). Vêtu de blanc, on le voit mettre en joue l’animal derrière sa carabine à lunette, avant de renoncer et se jeter dans un lac gelé ! 

Pendant les deux minutes du clip publicitaire, il récite l’hymne suédois, un hymne à la nature. Cela ne choque personne parce que la chasse est parfaitement admise en Suède. Un scénario impensable chez nous. 

Quel constructeur français oserait tourner une telle scène ? 
Quel grand sportif tricolore y figurerait sous les traits d’un chasseur ?

Source : joursdechasse.com 

lundi 2 juin 2014

Le Diclofénac, mauvais karma pour les vautours

La Ligue de protection des oiseaux (LPO) s’inquiète d’une arrivée progressive en Europe du Diclofénac, anti-inflammatoire dont l’usage chez les animaux d’élevage a décimé les vautours indiens depuis les années 1990. 


 La quasi totalité de la population du vautour chaugoun a été décimée par l'anti-inflammatoire. DR

C’est probablement l’hécatombe animale la plus importante et la plus rapide jamais survenue: dans les années 1990 et 2000, 80 à 90 millions de vautours indiens (Gyps bengalensis) sont morts, soit 99% de la population que comptait le pays. 

En cause, le Diclofénac, anti-inflammatoire pour l’homme et les animaux d’élevage, mais véritable poison pour les vautours: ceux-ci décèdent quelques jours après s’être repus d’une carcasse contaminée, d’une insuffisance rénale foudroyante. Face à cette catastrophe, l’Inde, le Pakistan et le Népal ont interdit l’usage vétérinaire du Diclofénac en 2006, suivis par le Bangladesh en 2010, tous se tournant vers une alternative non toxique, le Méloxicam. 

Or voici que le Diclofénac pourrait faire son retour, cette fois-ci en Europe. Contrairement à d’autres médicaments à usage humain ou vétérinaire, l’anti-inflammatoire ne fait pas l’objet d’une procédure centralisée européenne: il est autorisé au niveau des Etats. Pour les bovins, les porcs, les chevaux L’Italie l’a ainsi autorisé dès les années 1990, sous le nom de marque Reuflogin, produit par le laboratoire italien, Fatro. 
Il y a été interdit en 2002, en raison de craintes quant à la contamination de la viande destinée à la consommation humaine. Fin de l’histoire? Pas vraiment: en 2006, le Diclofénac était de nouveau autorisé pour les chevaux de course, puis en 2009 pour les bovins et les porcs, sous réserve d’un délai minimal entre administration du produit et abattage. Or après l’Italie, l’Espagne est devenue, en mars 2013, le deuxième pays d’Europe à autoriser le Diclofénac, sous les noms de Dolofenac et Diclovet -toujours le laboratoire Fatro. 

Et ce à l’effarement des associations de protection des oiseaux: avec 25.000 couples de vautours (bien devant la France et ses 1.500 couples), l’Espagne est celui qui dénombre le plus d’individus en Europe, rappelle Michel Terrasse, administrateur de la LPO contacté par le Journal de l’environnement. 

 Dans un communiqué publié en février, la Vulture Conservation Foundation et le réseau BirdLife, regroupement international d’associations de protection des oiseaux, évoquaient même des ventes de diclofénac en dehors d’Italie et d’Espagne: Fatro en aurait ainsi vendu à la République tchèque, à la Lettonie et à l’Estonie, ainsi qu’à la Serbie et à la Turquie. Un réel danger pour les vautours Dans l’UE, la législation européenne encadre le fait pour des éleveurs d’abandonner des carcasses d’animaux dans des emplacements destinés à nourrir les vautours. 

«En France, 150 éleveurs qui en ont fait la demande sont autorisés à leur laisser les animaux morts», sous des conditions strictes, rappelle Michel Terrasse. Idem en Espagne. Or ces placettes de nourrissage y sont parfois «semi-clandestines», et rien ne prévoit que la présence de diclofénac soit testée dans les carcasses, rappelait BirdLife en février. «La probabilité qu’une carcasse traitée au diclofénac soit consommé par des vautours est donc importante», ajoutait-elle. Selon des modélisations mathématiques, il n’aurait pas fallu plus de 1% de carcasses contaminées pour aboutir à la situation indienne. 

 Interrogé fin février par le quotidien espagnol El Pais, le ministère de la santé, en charge des médicaments vétérinaires, s’est défendu, indiquant que «la réglementation de la gestion et de l’usage des carcasses d’animaux n’[était] pas du ressort de l’Agence espagnole des médicaments et des produit sanitaires. 

La législation environnementale de l’Inde ne peut en aucun cas être comparée à celle en vigueur en Espagne ou en Europe». 

Dans une pétition en ligne déjà signée par près de 15.000 personnes, BirdLife appelle la Commission européenne à l’interdiction pure et simple du Diclofénac à usage vétérinaire. Après avoir frôlé l’extinction dans plusieurs pays, dont la France, «les populations de vautours repartent à la hausse, grâce à des décennies d’efforts de conservation et des millions d’euros investis. L’introduction du Diclofénac risque d’anéantir tous ces progrès». 

Source : Romain Loury pour journaldelenvironnement.net