Ce matin,
j'ai rendez-vous à 8h00 pour une battue au sanglier sur le camp militaire de
Pirey. Il a plu toute la semaine mais le temps semble plus clément ce matin.
J'écoute la radio dans la voiture, Sagittaires, vous serez au bon endroit au
bon moment aujourd'hui annonce le speaker, même si je ne suis pas
superstitieux, c'était de bon augure, en tout cas, j'y ai cru.
Après les
saluts de vigueur à nos amis archers et non archers, le café salvateur, j'ai
oublié mon portable .... pas essentiel au poste, j'ai bien ma corne de chasse !
Vient le
tirage des postes, il n'y a qu'un chasseur à la carabine, il est alors décidé
de ne poster que 3 archers sur les postes réservés à l'arc et un archer sur un
mirador de tir à l'arme à feu... ce fut moi... le numéro 5 !
En arrivant
sans mon tree-stand... , je trouve la zone assez sale avec pas mal d'arbres
couchés et des rejets un peu partout, j'identifie 3 zones de tir possible sans
que ma flèche risque d'être déviée.
30 mn plus
tard un lièvre passe tranquillement à distance de tir suivi d'un chien qui
avait pas mal de retard. Peu de temps après les traqueurs passent la ligne de
tir et plus rien pendant 1 heure.
2 chevreuils
non chassés sortent des couverts et se promènent tout autour du mirador, ils
sont restés près de 3/4 d'heure à distance de tir (non autorisé), joli
spectacle, je n'ai même pas pu prendre une photo faute de téléphone !
Tout d'un
coup les deux animaux se mettent aux aguets, il y a une chasse qui démarre loin
dans mon dos, les chevreuils s'éloignent dans des fourrés à proximité. J'entends
un ferme au loin puis ça redémarre, un autre ferme et ça repart la chasse
tourne loin autour de moi pendant 20 bonnes minutes mais j'entends les
aboiements des chiens se rapprocher en face de moi.
J'écoute,
tendu car les fermes successifs ne laissent pas de doute sur la nature du
gibier... un ou des sangliers...
Soudain gros
bruissement devant moi et un sanglier déboule à pleine vitesse des couverts
dans ma direction, il est gros, il va vite et n'est pas suité !!! j'arme mon
arc et attend qu'il arrive dans une fenêtre de tir à ma gauche quand d'un coup
il fait un crochet devant le mirador pour passer à quelques mètres à droite du
mirador, tout s'est enchainé comme si j'en avait l'habitude, je vise,
swing et décoche...
Bruit
caractéristique de la flèche qui fait mouche et je ne vois plus le sanglier car
la rambarde du mirador et un arbre auquel il est accroché m'empêche de me
retourner rapidement. M'étant retourné, je vois le sanglier arrêté à 15 mètres
en plein travers derrière le mirador, il a ma flèche fichée dans le flan comme
une antenne, elle est entrée de moitié et l'angle ne fait pas de doute, les
poumons et le coeur à coup sûr, j'encoche une seconde flèche et arme, je le
vois titubant un peu je ne prends pas le décision de décocher à tort ou à
raison, toujours est-il qu'il redémarre, m.... ! Alors je compte 1 seconde, il
est là. 4 secondes, il passe là, je ne le vois plus alors j'écoute. 10 secondes,
j'entends sa chute.
Je sonne la
mort les chiens arrivent et s'arrêtent à 50 mètres de moi, suivi des traqueurs
qui m'invitent à les rejoindre en m'annonçant que le sangler est mort. Quelle
joie immense, c'était mon premier tir sur un sanglier, celui-ci fait 92 kg...
En repensant
à tout cela plus tard, comment ai-je pu placer cette flèche parfaite avec le
peu d'expérience en chasse à l'arc et je me suis remémoré les heures de
formation, de tir pratique et d'entraînement rigoureux qui m'ont permis
d'assimiler inconsciemment ce qu'il faut faire... presque comme par habitude !
J'en
remercie très chaleureusement les instructeurs de l'ACAFC que j'associe à ce
premier succès.
JP
Todeschini