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mardi 1 août 2017

Éternel premier... éternelle émotion...

 
"Éternel premier... éternelle émotion.



Je vais essayer de prendre le temps et les tournures nécessaires pour vous narrer de manière honorable et respectueuse (Mais non sans humour) mon récit de chasse 2017, car la réussite demeure l’exquise exception pour qui sait préférer la qualité, à la quantité.

Qui n'a pas rêvé de vivre un temps seulement "Un jour sans fin"??? Pas seulement pour la belle Andie MACDOWELL, mais pour le synopsis basé sur un retour sur un événement en boucle et la compréhension de l'importance réelle des choses de la vie et une façon de montrer comment mieux les savourer quand elles se présentent à soi. En management sportif, on appelle cela l'ancrage. Ho, vous me direz: cela n'a rien à avoir avec la technique d'archerie... Au premier abord peut-être, mais on s’aperçoit vite que c'est un repère fixe, confortable, vécu, reconnu et adopté d'une situation passée... Celui qui conserve un ancrage fixe confortable et adopté d'une situation passée à plus de chance de rester constant dans la précision de ses tirs... N'est-il pas???


Revenons à nos chevreuils et à notre ancrage émotionnel: 

Le premier coup de feu, le premier émoi d'approche/d’affût/de battue, le premier frisson que l'animal a provoqué chez vous alors et suprême délice le premier animal tué pour l'avoir chassé (J'entends par là pour avoir analysé le territoire, pour avoir pensé "animal", pour mieux le prendre à la régulière chez lui sans artifices: façon duel, mais à la régulière!)

Qui ne rêve pas de revivre cela, se lasse, et finit par raccrocher l'arc... et le reste...

Je disais donc, c'est cette première émotion qui nous donne l'énergie de partir à la chasse pour revivre une énième fois ce moment heureux du premier animal. 

C'est exactement ce qu'il s'est produit pour moi ce mercredi soir du 26 Juillet.

Je profite d'une journée de travail continue pour me donner un peu de bon temps bien mérité en fin de journée. 

Je suis sur mon tree-stand à 18h15, les jours précédents ont été pluvieux et cela a permis à la température ambiante de redescendre un bon coup passant des chaudes soirées tropicales à une ambiance plus proche d'une veille de rentrée scolaire en Picardie... Je me dis que cela sera propice à l'activité des brocards qui auront besoin de refaire les marques de leurs gratis et marquages territoriaux. 

Le rut ayant commencé depuis une bonne semaine, les brocards seront là... Ce soir peut-être!!!



Les brocards justement... Sur ce secteur ils sont trois, trois animaux dont la maturité permet d'envisager un tir respectable. 


*L'un d'entre eux, le plus vieux, je ne l'aurai vu qu'un soir: Il poursuivait avec de forts grognements une chevrette de taille respectable qui ne voudra alors jamais de lui et pour cause il marche sur 3 pattes. Le jumelant, je m'aperçois qu'il a un souci sur le postérieur droit au niveau du sabot (Accident, malformation, ancienne balle??? Je ne le saurais jamais!) Il a la tête toute blanche de vieillesse et deux merrains fortement doté en diamètre mais sans andouillers et aux bouts quasis ronds en guise de trophées, mais une malice du diable. Je suis convaincu qu'il vit sur cette lisière en permanence (Son handicap ne lui permet pas le luxe d'un domaine étendu!) car le jour où je l'ai vu il suivait cette chevrette visiblement en chaleur, mais il n'est quasiment pas sortit du bois et, le peu que je le voyais en lisière, il braquait constamment son regard contre le tree-stand... Je suis intimement convaincu qu'il me regardait aller et venir au tree-stand les soirs où je suis sorti.


*Le deuxième était un joli 4, relativement jeune d'après sa posture générale et dont les bois formaient une jolie lyre. Je l'aurai vu trois fois et il semblait ne pas encore avoir sa place dans le secteur car la concurrence commençait à montrer son ardeur pour ce jeunot. (peut-être mon acte de prédation est-il, pour lui, une opportunité!?)


*Puis, il y a le troisième, un broc solide dans la force de l'âge, un six, le Rocco de ces chevrettes, l'impérator! (certainement le fils du premier que je nommai "le Très âgé Boiteux" en référence au "Messager Boiteux" qui était un ouvrage apprécié de nos aïeux car ils y trouvaient des prévisions du temps sur l'année à venir et des blagues qui sauvaient les longues soirées d'hivers d'antan de rites issus du cannibalismes!)

L'impérator, c'est pas un rigol'man comme dirait mon ami Chris. Il a l’œil malicieux de son vénérable paternel, et l'ouïe de sa maternelle chevrette (La bien nommée: L'ouïe, la broc'hante!) Ce brocard là, c'est du premier choix de proie, au niveau réflexe... Il est toujours tendu (comme un string taille XXXS appliqué au séant de Suzanne BOYLE...) Il est doté d'un flair digne des meilleurs setters destinés à la chasse à la Grouse de la famille royale d'Angleterre. Il dispose de la connaissance du terrain à faire pleurer les éclaireurs des divisions entières de chasseurs parachutistes. Il n'a pas le handicap de son vieux paternel...

Bref... C'est pas gagné!!!


J'ai le souvenir, en préparant mes affaires, d'avoir remis dans mon sac, un article auquel je ne croyais que moyennement: le butolo.

Bien m'en a pris car c'est certainement son usage qui changea la face du scénario de la soirée comme le cheval changea la fin de la guerre de Troyes et cela Cheval te l'dire comment que cela qu'il s'est passé! Nom de dious...

Il est bientôt 19h00 et rien n'a bougé. En venant à mon arbre, je me suis fait copieusement engueulé et survolé de façon intimidante par le sempiternel couple de buses adhérentes au ROC... 

Mais à part ces deux oiseaux de malheur??? Rien... Queud'chi... Nada...

Je me dis alors: "tiens au lieu de garder ton butolo dans ta poche, n’essaierais-tu pas d'en trouver une autre utilité??? Il n'est pas doté de piles (donc l'usage sextoy façon petit canard n'est même pas envisagé) c'est au profit de son réel usage que je m’exécutai alors, à savoir: l'appel de la chevrette en chaleur ou du petit qui appel sa génitrice, par simple pression sur le biniou noir! 

Je m'applique pour faire sortir deux complaintes mielleuses et aguicheuses espacées de quelques (trois) petites secondes, puis je me tourne vers le bois...

Pas trois minutes après ce premier appel, j'entends des pas sur ma droite... dans l'angle de la lisière qui donne sur la prairie. C'est à ce moment précis que mes genoux se mettent à trembler comme si je repassais mon premier examen, mon cœur se met à battre comme si j'allais embrasser ma première petite amie dont le visage pré-pubère est couvert d'acné... Ma respiration devient folle comme le jour où je suis devenu un homme, un vrai...


Je revivais alors mes première fois, mes premiers émois, ma première émotion cynégétique... 26 ans après... C'est ça, la magie...

Ensuite, la maîtrise et l'expérience reprennent le contrôle de la situation: respiration fractionnée avec le ventre, ne pas penser comme une proie, il faut un instant seulement quitter le délicieux souvenir pour devenir le prédateur implacable... 

Le brocard ne voyant pas de chevrettes à l'horizon décide de profiter de la fraîcheur de l'herbe qui a repris un peu de sa verdure originelle avec les ondées des dernières heures. Il avance doucement vers la tragédie de son existence, il fait quelques pas en direction d'une zone qui me sera dégagée pour le tirer et distante de 15 à 20 mètres selon l'azimut choisie par le capréolidé*.     

(*NDLR: Capréolidé On ice, actuellement puisqu'au congelateur!)

Je profite de son passage dans une zone qui masque mon mouvement de sa vue et j'arme mon Heli'm. Les 68 livres de tension passent comme une lettre à la poste, je prends ma visée. Comme à l'entrainement, je stabilise le point lumineux de mon viseur FASTFIRE. Je m'applique à tenir en ligne mes épaules que je sens parfaitement en position et profite qu'il replonge la tête dans une touffe de pissenlits et je décoche en back-tension avec la pointe du coude du décocheur. Mon encoche lumineuse rejoint merveilleusement le point rouge qui est comme planté sur le bas de poitrail et le brocard prend alors comme une terrible décharge électrique... Mon encoche lumineuse vient de disparaitre dans le bas de son thorax et alors qu'il s'enfuit, je vois clairement des pulvérisations cramoisies qui s'échappent de ses flancs. Je ne le quitte pas des yeux et je compte depuis l'anschuss: 1.2.3.4.5.6.7 (une première chute à l'entrée du bois) 8.9.10.11.12.13 gros fracas quelques mètres plus loin puis plus rien!



La nature semble figée, la buck me reprend un petit coup, histoire de me rappeler la gravité de mon acte et les obligations qui vont être les miennes dans les minutes à venir: retrouver, baguer, rendre les honneurs et traiter avec immense respect cet animal qui est un fruit providence de la Nature.

Même si l'atteinte est parfaite, j'attendrai (pour l'exercice) 20 minutes avant d’entamer la recherche. 

En fait, cela nous donne le temps de prévenir par SMS (Sornettes Meurtrières de Sam) mes copains, ma femme, puis de remballer tranquillement les affaires (descendre l'arc se détacher, démonter le tree stand, les échelles, remonter les échelles et monter récupérer la sécurité qui est restée suspendue en haut, jeter de rage en bas le matos car on y tient plus et que ces "nardinamouk" de secondes ne passent pas... Si bien que vous finissez par faire le pied de grue au pied de votre arbre au bout d'un quart d'heure et il vous reste 5 minutes à faire le monde et surtout le film de l'action qui vient d'avoir lieu.



Bref, les 20 minutes sont passées tout de même, et l'heure est à l'analyse. Arrivée à l'Anschuss... c'est Byzance!!! 



Pour moi qui suis Daltonien, c'est royal! J'ai une piste au sang dans l'herbe qui fait environ deux mètres de large et que j'arrive à la suivre comme si c'était sur de la neige (C'est dire!) je récupère ma flèche qui est deux mètres derrière le point d'Anschuss et dont les lames (Exodus Swept) coupent encore assez pour me faire une petite entaille (Pas landaise l'entaille) de la paume de la main. Je progresse en prenant les photos de cette piste incroyable. Je fais 20 mètres et rentre dans le bois j'arrive sur des branches en travers là où le brocard s'est empiaché et semble être tombé une première fois. Il y a du sang sur 1.30 de haut et toujours deux mètres de larges (Je me demande ou il planquait tout cette hémoglobine le bougre!) puis au bout de quelques mètres il est là dans la régé sous futaie... Immense plaisir et tristesse mêlée... Toujours comme la première fois!!!


Il faut le baguer, lui rendre les honneurs.. puis le sortir de là pour le présenter à la civilisation... Je le sors du bois, le photographie, je le vide avec soin et je lui parle, mais il ne me réponds même pas... Comme la première fois, me direz vous... Il pèse un poids dingue et avec le tree stand, échelles, arc et tout le barda, ce ne sera pas moins de 40 Kgs de chargement que je me trimbale sur plus de 800 mètres. Ce brocard pèse 22.5 Kgs vidé! Je le charge et rentre chez ma maternelle ou mon fiston qui a eu vent de mon exploit vient me sauter au cou... Sa fierté est comme la première fois où j'avais eu ce sentiment de fierté pour mon défunt père (qui avait été mis à l'honneur par le comité des fêtes pour son travail bénévole parmi d'autres vénérables villageois, je devais avoir une petite dizaine d'année moi aussi!!!) 

Bref, c'est avec beaucoup d'émotions que cette soirée s'est déroulée et c'est fatigué jusqu'à la moelle que je regagnerai le domicile conjugal... Que pouvait-il y avoir de mieux sur cette terre pour moi ce soir??? une tête remplie de souvenirs grâce à ce splendide animal.

la chasse n'est qu'un éternel retour aux sources par l'émotion... Et cela ça ne s'explique pas ça se vit.





...Pour les fou-dingues du matériel;

Tir: 18 mètres (télémètré!), distance de fuite: 35 m environ. Atteinte plein cœur qui est déligné de haut en bas.

Arc Héli'm 68#@26.5, flèches piledriver hunter 350 équipées d'Exodus Swept 125 grains, encoche lumineuse Lumnok rouge, viseur point rouge BURRIS, baskettes, chaussettes Quechua, pantalon et Tshirt PREDATOR brown-deception, shaggie, cagoule shaggie... et étant croyant, je portais un slip de missel... (Le slip des enfants de cœur préféré des prêtres!)

Ainsi si on me demande: merci qui???

Je peux répondre: Merci shaggie et Missel!!!"

Samuel Journot


9 commentaires:

  1. félicitation sam et merci pour ce récit

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  2. Félicitations renouvelées !
    Ça, c'est du récit !

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  3. super récit , bravo et félicitations .... que d'émotions dans la narration ... j'avais l'impression d'y être merci

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  4. grand bad inguet2 août 2017 à 15:32

    DU GRAND DU TRES GRAND.
    j'ai hâte d'être au mois d'octobre car cette année tu est en forme ton récit tout est à ton image j'adore je rigole j'en peux plus.
    félicitations a toi grand SAM jolie BROC l'équipe et redoutable cette année.
    merci shaggie et missel mouahhahahahhahahahahah

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  5. Félicitation Sam beau récitqui fait revire tant de bon souvenirs !

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    1. L'obsédé textuel3 août 2017 à 23:46

      Oui, cette histoire est comme un bon vieux camembert, son caractère et sa robe soyeuse font qu'elle ne s'oubliera pas de sitôt.

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  6. J'ai même eu une petite érection!
    Merci SAM

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  7. Oui de bon augure pour cet automne bravo encore...

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  8. P..... que c'est beau ! un pur régal...BRAVO SAM

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